5 juin 2018
Nouveau documentaire sur le projet ECOFAUNE

Gérer Gérer, La parole à ... La parole à ...


Ce documentaire reflète les témoignages, les avis et les attentes des différents acteurs locaux et centraux ayant trait à l’état évolutif des écosystèmes et de la biodiversité du Nord-est de la RCA de même qu’il renseigne sur l’état d’avancement des activités réalisées par le projet ECOFAUNE+ et sur les résultats intermédiaires atteints.

Le Nord-est de la République Centrafricaine est dépeint dans ce documentaire comme étant un paradis de la faune jusqu’à la fin des années 80. Dotée d’un paysage paradisiaque composé de magnifiques savanes, de forêts, de galeries forestières et de steppes, cette partie du pays abritait jusqu’à environ de 34000 éléphants et 2000 girafes en 1977. Les conflits répétés et la dissémination des armes qui en résulte, sont présentés comme étant les facteurs incubateurs du grand braconnage et facilitateurs du dérèglement de la transhumance transfrontalière qui ont ruiné cette riche faune.

Cet aperçu introductif est suivi de communications et d’échanges autour de certaines activités et mesures envisagées et mises en œuvre par le projet pour corriger ces menaces et d’autres problèmes identifiés. Ces communications et échanges portent sur :

1. Le processus en cours d’élaboration du Schéma directeur d’aménagement du territoire de la zone du projet. Dans ce registre, il est mis en exergue le besoin d’une collaboration sur les questions de l’élevage et de la transhumance avec African Parks Networks qui intervient dans les aires protégées du côté tchadien (le parc national de zakouma et le domaine de chasse de Zakouma) et le site de Chinko dans le Sud-est de République Centrafricaine. Le caractère participatif du processus d’élaboration dudit Schéma direction d’aménagement du territoire sont également mis en relief. Il en est de même des inventaires ou sondages réalisés et des études menées (cartographie, anthropologie, cartographie des ressources minières, entomologie, ichtyologie, hydrologie), lesquelles ont permis de déterminer les valeurs et les pressions écosystémiques, biologiques, économiques et culturelles en présence. Cette séquence est enrichie par les extraits des interventions du Recteur et des Chercheurs et de l’Université de Bangui, auteurs des études menées et par celle de Dr Hilde Vanleeuwe concernant le sondage aérien. Cette séquence énumèrent également les attentes que le Schéma directeur d’aménagement du territoire est censé prendre en compte notamment, le zonage et le micro-zonage des territoires périphériques des aires protégées au motif de libérer de l’espace à d’autres vocations d’usage des terres et la mise en place des couloirs de transhumance dotés de points d’eau et de postes vétérinaires.

2. La formation qualifiante des jeunes avec un aperçu sur l’objectif de la formation qui se veut de procurer des opportunités d’auto-emploi aux jeunes dans l’optique d’en faire de futurs pionniers du développement de Bamingui-Bangoran. L’autre coté avantageux de cette formation qualifiante, à savoir, qu’elle permet de détourner ces jeunes des activités illicites dont le braconnage est également mis en relief. Il s’en est suivi des extraits de la cérémonie de clôture de la dernière session de formation de 50 jeunes qui a donné lieu à la remise des kits correspondant à la filière socioprofessionnelle de chacun.

3. Les zones cynégétiques villageoises qui se veulent un modèle de gestion décentralisée des ressources fauniques moyennant un partenariat entre les communautés locales et les opérateurs de chasse sportive et de safari vision. Cette séquence édifie sur les bénéfices en termes de recettes fiscales et de biens faits induits générés par ce modèle.

4.Les raisons d’être du fonds intercommunautaire d’éco-développement (FICED) sont également. Ce fonds, tel qu’il est présenté, a vocation de faciliter l’accès des populations locales aux microcrédits. Il est dédié à financer des micro-projets censés d’une part, améliorer le bien être des promoteurs et de leurs familles et d’autre part, contribuer à réduire la pression sur la biodiversité et les écosystèmes.

5. Le bio monitoring avec un focus sur les résultats très déclinants du sondage aérien de la faune réalisé dans la zone du projet (Nord-est de la RCA) en mar-avril 2018. Il s’en suivi un aperçu comparatif des résultats des inventaires réalisés depuis 1977. Il est également fait mention de l’usage de caméras traps et du recours à un inventaire pédestre pour compléter les informations résultant de ce sondage aérien. L’intérêt des données de ce sondage dans la planification des opérations de lutte anti-braconnage et dans l’instruction du Schéma directeur d’aménagement du territoire de la préfecture de Bamingui-Bangoran, est aussi mis en relief. La création d’un noyau dur de conservation au motif de sécuriser le reliquat de faune en présence et d’attirer celle pouvant venir d’ailleurs, est également mentionnée.

6. La lutte anti-braconnage avec un focus sur le processus de recrutement et la formation des surveillants pisteurs de même que sur les opérations de surveillance et de contrôles effectuées dans les aires protégées, dans les zones cynégétiques villageoises (ZCV) et sur les axes routiers. Cette séquence est enrichie par les argumentations et témoignages du conservateur et des chefs de patrouilles de lutte anti-braconnage.

Les communications sur les mesures visant à corriger les menaces et les problèmes identifiés sont ponctuées de commentaires, de préoccupations et d’attentes émis par la diversité des personnes interviewées. Chacun des apports du projet est mis en relation avec les avis émis par les interviewés et vice versa. ci-après quelques un des ces avis :

- Le désœuvrement des jeunes avec comme corollaire leur basculement dans les activités illicites dont le braconnage pour assurer leur survie, constitue une menace pour la faune.

- La discontinuité de la surveillance des aires protégées en raison des périodes d’attente assez longues entre deux phases d’un programme ou entre deux projets successifs, est préjudiciable pour les acquis des efforts récurrents déployés pour la conservation.

- Lorsque vous interdisez à une population de braconner, c’est mieux de lui offrir des alternatives.

- ECOFAUNE+ devra moyennant la sensibilisation et d’autres actions qu’il juge utile, susciter l’émergence d’un sursaut communautaire au service de la restauration de la richesse faunique du Nord-est.

- En protégeant la faune, ECOFAUNE+ contribue à la protection de la population locale. Sa présence a le mérite de rassurer les populations.

- Les contributions d’ECOFAUNE+ ne se limite pas seulement à la conservation des écosystèmes et de la biodiversité du Nord-est RCA. Les avions qu’il loue pour ses besoins ont toujours été mis à contribution soit pour acheminer les produits pharmaceutiques à Ndélé et soit pour procéder à des évacuations d’urgence sur Bangui.

- En notre qualité d’autorité administrative locale, nous avions été partie prenante à plusieurs campagnes de sensibilisation aux côtes des personnes ressources du projet ECOFAUNE+.

- La présence d’ECOFAUNE+ a le mérite de projeter vers l’extérieur, une image positive de la préfecture de Bamingui-Bangoran. Cela a déjà permis à la préfecture de bénéficier de projets de restauration des infrastructures scolaires, sanitaires, administratives et routières.

Ce documentaire a été présenté pour la première fois à un public d’une soixantaine de personnes conviées à la quatrième Réunion du Comité Interministériel de Suivi du projet ECOFAUNE+ tenue le 30 Mai 2018 à l’Alliance Française de Bangui (République Centrafricaine).

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